Accès aux médicaments, vaccins et produits de santé : une approche multidimensionnelle pour assurer la transparence des marchés des produits abordables et de qualité pour atteindre la couverture santé universelle

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L’accès aux médicaments et aux vaccins est l’un des problèmes mondiaux les plus difficiles du XXIe siècle et pose un défi particulier, même pour les pays à revenu élevé ou intermédiaire ayant déjà atteint la couverture sanitaire universelle.
La feuille de route pour l’accès aux médicaments, vaccins et autres produits de santé, examinée par l’Assemblée mondiale de la Santé à sa 72e session en mai 2019, indique clairement que «L’accès équitable aux produits de santé est une priorité mondiale et que la disponibilité, l’accessibilité, l’acceptabilité et la réalisation des objectifs de développement durable, en particulier de la cible 3.8 « assurer la couverture sanitaire universelle, y compris la protection contre les risques financiers, l’accès à des services de soins de santé essentiels de qualité et un accès sûr et efficace, médicaments essentiels et vaccins de qualité et abordables pour tous ».
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À ce titre, des discussions mondiales ont été engagées pour améliorer l’accès équitable aux produits de santé et de nombreux pays ont réclamé des solutions plus efficaces.

Cet évènement organisé le 21 mai 2019, visait à permettre aux partenaires de partager leurs expériences et les meilleures pratiques en matière d’accessibilité aux médicaments pour une couverture santé universelle et pour accroître l’accès et la disponibilité par la transparence des prix des médicament.

Le marché des médicaments, des vaccins et d’autres technologies liées à la santé se caractérise par des asymétries d’information considérables entre les acteurs publics et privés en raison du manque d’informations :
– sur les résultats des essais cliniques, des flux d’investissements non clairs pour la recherche et le développement,
– sur la disponibilité et le remboursement des médicaments et
– facilement accessibles sur le paysage des brevets, qui entravent tous le développement des marchés transparents et concurrentiels et contribue à l’inefficacité du système au détriment de la santé publique et à une allocation efficace des ressources limitées en santé.

Le besoin de transparence se fait sentir aujourd’hui dans de nombreux pays et le sujet est de plus en plus à l’ordre du jour.

2Des discussions mondiales sont en cours pour améliorer l’accès équitable aux produits de santé, et de nombreux pays ont demandé des solutions plus efficaces. Les pays de la République de Corée et l’Italie, ont organisé cet événement parallèle en marge de la 72ème session de l’Assemblée Mondiale de la Santé. Cette rencontre a été un véritable rendez-vous de partage, d’engagement et de plaidoyer sur l’accessibilité aux informations de couts, et les modalités de fixation des prix des médicaments. Il a vu la participation d’éminentes personnalités d’un très haut niveau.

Ce sont succédés, outre l’Assistante du Directeur Général de l’OMS (Dr. Mariangela SIMAO) :
– le Ministre de la Santé et du Bien Etre de la République de Corée (Dr. NEUNGHOO PARK),
– le Sous-Secrétaire d’État en charge de la Santé d’Italie (Dr. Armando BARTOLAZZI),
– le Ministre de la Santé de l’Indonésie (Pr. Nila F. MOELOEK),
– le Professeur Soonman KWON, de l’Université National de Séoul,
– le Ministre de la Santé et du Bien Etre des Pays Bas (M. Bruno BRUINS),
– la ministre de la Santé du Portugal (Dr. Marta TEMIDO),
– la ministre de la santé de la Mongolie (Mme Sarangerel DAVAAJANTSAN),
– le Secrétaire général à la santé et à la consommation (Dr. Fautsino BLANCO),
– le Secrétaire General de la santé Publique de la Grèce (Giannis BASKOZOS),
– le conseiller du ministre de la santé de la Gr´ce (Dr. Nikolaos RAPTIS),
– la ministre de la santé du Vietnam (Mme H.E. Nguyen THI KIM TIEN), et
– le Directeur Général de AIFA (Dr. Luca Li Bassi),

Tous les intervenants ont à l’unanimité insisté sur la nécessité de promouvoir l’accès aux informations sur la fixation des prix de médicaments, de trouver le juste équilibre pour la réglementation des prix des médicaments sans compromettre la recherche et l’innovation pharmaceutique. Ce processus doit cependant être global car aucun état ne peut à lui seul réguler le marché du médicament.
Les maitres mots des communications « transparence, justice, collaboration » devront guider les prochaines étapes de ce panel qui a refusé du monde à la salle XXIII du Palais des Nations Unies à Genève.

3Si une belle perspective sous forme de résolution pourrait être la prochaine étape de cet évènement, il faut souligner l’absence significative tout au long de ces discussions de représentants à un haut niveau d’un pays africain. L’Afrique était absence des débats, et c’est encore une occasion manquée pour le continent africain de défendre sa place, sa politique sanitaire et surtout montrer son engagement à trouver et promouvoir des solutions innovantes quant au financement de la santé, notamment dans un contexte
marqué par la mise en place de la Couverture Santé Universelle. L’ACAME qui suit de près ces discussions, participe à sa manière afin de trouver un équilibre entre politique de prix des médicaments pour une meilleure accessibilité et disponibilité sans compromettre la qualité de ceux-ci, et les besoins des populations.

Aser MINOUNGOU

Fichiers joints

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