Dispositifs médicaux : C’en est fini de l’apprentissage sur le tas

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Ouagadougou abrite du 23 avril au 05 mai 2018, la première session du cours international sur les dispositifs médicaux. Initiée par l’université Ouaga I Pr Joseph Ki-Zerbo, en collaboration avec l’université de Toulouse III Paul Sabatier et l’Association africaine des centrales d’achats de médicaments essentiels (ACAME), la présente formation sur les connaissances pratiques et la gestion des dispositifs médicaux, sera sanctionnéepar un master de spécialités « santé et sciences du médicament ».

Le dispositif médical (DM) est défini comme : « Tout instrument, appareil, équipement, matière ou autre article, utilisé seul ou en association chez l’être humain, pour le diagnostic, la prévention, le traitement d’une maladie, d’une blessure ou d’un handicap, ou d’étude ou remplacement ou modification de l’anatomie ou d’un processus (…) ».

« Qui n’a pas connu de conséquences quelques fois dramatiques liées au mauvais usage des dispositifs médicaux (…) ? Quel praticien ne s’est pas senti frustré face à la mauvaise qualité ou à l’inadéquation des dispositifs médicaux mis à sa disposition ? » s’est interrogé le représentant de l’ACAME, Dr Pierre Crozier.

Les dispositifs médicaux, selon la directrice de l’UFR Sciences de la santé (SDS) de l’UOI, Pr Claudine Lougué, constituent un domaine peu maîtrisés par les acteurs de la santé. Si ce volet est rarement pris en compte dans les curricula des formations, il en résulte, selon elle, des insuffisances de connaissances théoriques et pratiques concernant l’assurance qualité, la définition des spécifications techniques pour l’approvisionnement, la dispensation et l’utilisation, avec des risques pour la santé des populations. A ce sujet, le Pr RasmanéSemdé, coordonnateur du Master de spécialités en santé et sciences du médicament (MSSM) souligne « A l’heure actuelle, il y a plus d’1,5 millions de dispositifs dans le monde qui circulent. Si le dispositif n’est pas utilisé adéquatement, il risque d’avoir évidemment des répercussions sur la qualité des soins et souvent sur la survie de nos patients.(…)On s’est rendu compte sur le terrain, que pratiquement tout le monde ne connait pas les dispositifs médicaux ».

D’où la nécessité de la présente formation au profit d’une quarantaine d’acteurs du système de santé, issus de 7 pays de la sous-région, en vue d’améliorer la qualité de la prise en charge des malades. C’est ainsi qu’au cours de ces deux semaines, les participants vont bénéficier de connaissances pratiques sur les dispositifs médicaux, notamment les aspects relatifs à l’assurance qualité, l’approvisionnement et la dispensation, aussi bien à l’officine qu’à l’hôpital.

Mettre fin aux « faux DM »

Face à un marché particulièrement touché par « le fléau de la contrefaçon ou des faux DM , mais également de qualité sous-standard » , le représentant du Secrétaire permanent de l’Association africaine des centrales d’achats de médicaments essentiels (ACAME), Dr Pierre Crozier, a souligné qu’au niveau hospitalier ou des centrales d’achats, la sélection des fournisseurs ou des fabricants doit obéir à des cahiers de charges de plus en plus complexes. Cela, d’autant plus que les politiques d’assurance maladie qui sont en train d’être mises en place dans les différents Etats ne « peuvent se permettre de financer des produits de santé non efficaces, voire dangereux pour les bénéficiaires de santé ».

Notons que la présente session est une concrétisation de l’engagement de l’ACAME en mars 2017, à soutenir la mise en place d’une formation consacrée au renforcement des compétences des professionnels de la chaîne d’approvisionnement et des dispositifs médicaux. Aussi, dans le but d’élargir l’offre de formation et de développer les compétences des professionnels de l’approvisionnement pharmaceutique, l’ACAME, qui regroupe 22 centrales d’achats africaines, prévoit la création d’un centre de formation et d’expertise de l’institution, à Ouagadougou.

Source: le Faso.net

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